


download the pdf
Descubre Harmonia Paraiso ...
| Mars 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Comment percevez vous la France, aimez vous vivre en France, quel avenir vous lui envisagez, quels conseils ou remarques auriez vous envie de faire à la France et aux français?
Que pensez vous du travail de Nicolas Sarkozy depuis son élection?
Que pensez vous de son potentiel de notre pays? Comment relancer ce pays? Que feriez vous si vous étiez le Chef de l'Etat? Et votre avis sur une possible "2ème Révolution Française" en vue d'un
nouveau modèle de société humaine, solidaire, harmonieuse, métissée, libérale mais à contre courant de l'ultralibéralisme mondiale...? Un consensus national dans l'"Ouverture"?
Sinon vous pouvez aussi poster une réflexion sur tel ou tel sujet concernant la France!
Cliquez en bas sur "Ajouter un commentaire"




Les atouts français existent, et ils sont nombreux. Ce constat, positif, s'impose à la lecture des sept chapitres thématiques sur lesquels Eric Besson, secrétaire d'Etat chargé de la prospective, et les équipes du CAS ont travaillé. Insérée dans une Union européenne à vingt-sept - la première puissance économique du monde en 2006 -, produisant à cette date 4,7 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, la France est le cinquième exportateur de marchandises du monde depuis les années 1970. Elle verra, certes, baisser sa contribution à la croissance mondiale à l'horizon 2020, mais dans des proportions qui n'ont rien de catastrophique. Il faudra probablement encore plusieurs dizaines d'années de forte croissance dans les pays émergents pour que ceux-ci soient en mesure de rattraper le niveau de vie des vieux pays développés. Il n'y a donc pas péril en la demeure.
Riche de grands groupes internationalisés aux bonnes performances, la France, troisième au monde en termes de stocks et de flux d'investissements directs à l'étranger, est résolument ouverte à la mondialisation. En témoignent le taux d'ouverture de son économie (environ 25 % du PIB) et la progression sensible de ses expatriés. Resté stable jusqu'au début des années 1990, le nombre de Français immatriculés à l'étranger (1,37 million au 31 décembre 2006) a progressé de 6,2 % par an en moyenne entre 2001 et 2005. Parmi eux figure une proportion élevée de ces chercheurs en sciences que l'enseignement supérieur français, malgré ses difficultés, continue de mettre sur le marché, mais sans savoir leur inventer un futur.
Car, et c'est là le deuxième enseignement fort des travaux conduits par M. Besson, la France ne sait pas toujours exploiter les cartes dont elle dispose. Signe de ces difficultés, elle exporte beaucoup moins que l'Allemagne vers les quatre marchés des "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ses PME peinent à se développer. Ses jeunes, ses seniors et une part non négligeable de ses immigrés demeurent en difficulté sur le marché du travail. Les débutants, peu ou pas qualifiés, restent très exposés aux variations de la conjoncture, malgré plus de trente ans de politique de l'emploi, de stages et de contrats aidés en tout genre. S'il dispose de scientifiques de haut niveau et possède des atouts dans certaines technologies de pointe, tels les nanomatériaux en matière d'imagerie médicale, de cosmétiques et de matériaux pour l'électronique (hors silicium), notre pays a vu, ces dernières années, sa position relative reculer dans la recherche et le développement (R & D).
Dans certains cas, les retards français, patents, reflètent moins une compétition internationale accrue qu'une difficulté interne à évoluer. C'est vrai dans l'enseignement, où toutes les études montrent un net recul des performances françaises depuis le début des années 1990 en lecture, écriture ou mathématiques. C'est aussi vrai dans tout ce qui touche aux finances publiques ou au lien social.
La France ne sait plus faire fonctionner son ascenseur social. Bien qu'elle soit un des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) de premier plan pour le poids de ses dépenses publiques sociales (29,8 % du PIB), devant la Suède et l'Allemagne, certains risques sociaux y sont peu ou mal couverts. D'autres pourraient être mieux anticipés : deux Français sur dix ont actuellement plus de 60 ans. Ils seront trois sur dix en 2025. Le vieillissement marqué de la population va peser sur les dépenses de retraite et de santé, mais il constitue aussi une opportunité en termes d'emplois. A condition, bien sûr, et c'est la conviction de M. Besson, que le pays sache se mettre en mouvement.
RÉFÉRENCES
HUIT GROUPES DE TRAVAIL.
Présidés respectivement par Lionel Zinsou, Gilbert Cette, Antoine Petit, Jean-Paul Fitoussi, François Ewald, Jean Bergougnoux, Rose-Marie Van Lerberghe et François d'Aubert, ils plancheront sur les thèmes suivants : mondialisation ; production et emploi ; création, recherche et innovation ; vivre ensemble ; risques et protection ; ressources rares ; Etat et services publics ; technologie et vie quotidienne.UNE COMMISSION PLÉNIÈRE DE 59 MEMBRES.
Elle se réunira quatre à cinq fois d'ici la fin de l'année. Elle est constituée de parlementaires, tels le communiste Jean-Pierre Brard et l'UMP Joël Bourdin, de partenaires sociaux, dont Jacques Creyssel (Medef) et Jean-Christophe Le Duigou (CGT), d'experts comme Jacques Delors, et de hauts fonctionnaires.Le "charity business", version française
LE MONDE | 08.04.08 | 16h17 • Mis à jour le 08.04.08 | 16h17
n peut être près de ses sous et rêver néanmoins de soutenir des actions humanitaires. Il suffit désormais d'aiguiller ses achats sur des produits dont les bénéfices financent un programme ou une association. C'est ce qu'on appelle, dans les pays anglo-saxons, le charity business ou, en France, les "produits partage".
Ainsi, le programme (RED) lancé en 2006 par Bono, le chanteur de U2, et l'humanitaire Bobby Shriver fonctionne en partenariat avec des entreprises (Apple, Microsoft, Dell, Gap, Emporio Armani, American Express, Converse, Motorola et Hallmark) qui déclinent certains de leurs produits (tee-shirts, ordinateurs, téléphones...) en couleur rouge ("red"). "Les marques reversent 40 % du bénéfice brut réalisé sur ces objets au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Mais le consommateur les paie au même prix : son achat constitue un acte citoyen, et non un geste de charité", insiste Bobby Shriver.
Le programme, lancé principalement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne - mais aussi dans soixante pays du monde, dont la France -, a permis d'ores et déjà de reverser 100 millions de dollars (63,6 millions d'euros) au Fonds mondial. Basé sur le même principe, le partenariat entre Volvic et l'Unicef a financé, en 2006, 3 milliards de litres d'eau potable en Afrique.
En restant chez soi, le site Internet Soliland.fr, partenaire de 300 enseignes et 40 associations, propose de télécharger un logiciel qui se déclenche automatiquement à chaque commande sur le site d'un des magasins affiliés. "Ces derniers nous versent une commission pour apparaître sur Soliland. La moitié de celle-ci est affectée à l'association choisie par le consommateur", explique Matthieu Saint-Girons, directeur de Soliland, qui revendique 5 000 internautes inscrits depuis décembre. L'homologue américain du site iGive.com ("Je donne"), lancé dès 1997, a récolté à ce jour plus de 3 millions de dollars (1,9 million d'euros).
Si on ne veut vraiment rien débourser : rendez-vous sur Veosearch.fr (les Américains utilisent goodsearch.com depuis fin 2005). Créé en octobre 2007 par deux jeunes diplômés de l'école des Hautes études commerciales (HEC) engagés dans l'humanitaire, le site redirige sur le moteur de son choix, par exemple Google ou Yahoo. En passant par ce canal, chaque recherche permet de collecter des fonds pour une association. Le tout financé par la publicité. Veosearch revendique près de 14 millions de recherches, 26 000 inscrits et plus de 20 000 euros récoltés.
Les associations développent d'ailleurs elles-mêmes ce type de subvention. La Croix-Rouge et Action contre la faim ont ainsi mis en place un partenariat direct avec le site d'e-commerce Price-Minister. "Lancé en 2001-2002, il nous permet de recueillir aujourd'hui environ 2 500 euros par mois", indique Nicole Fourne, responsable des partenariats. Et Véronique Daher, directrice de la communication et du développement d'Action contre la faim, d'argumenter : "Ce mode de financement ne rapporte pas énormément d'argent, mais il rajeunit le profil des donateurs." Michel Kazatchkine, directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida - qui reçoit les contributions de (RED) - est catégorique : "Les apports du secteur privé sont essentiels à l'éradication du virus : sans eux, nous n'arriverons à rien."
Quant aux entreprises, elles n'en retirent pas seulement un bénéfice d'image. "Quand je fais mes courses, je choisis les magasins de Soliland, par exemple Amazon, plutôt que la Fnac... et pour acheter mon frigo, j'ai découvert ainsi une enseigne que je ne connaissais pas", s'enthousiasme Catherine, 57 ans, adepte du site.
David Clifton, directeur marketing de Dell Consumer Europe, le confirme : "Nos ordinateurs et nos imprimantes de la gamme (RED) ont permis d'augmenter sensiblement nos ventes et de toucher des cibles de clientèle plus larges." Quand le marketing joue les bonnes actions...
Renseignements : www.soliland.fr ; www.veosearch.fr ; www.joinred.com.
Marie Zawisza
Article paru dans l'édition du 09.04.08
Changement climatique et retour du religieux. "Ma conviction est que deux défis contribueront à structurer la société internationale du XXIe siècle, peut-être plus profondément que les idéologies au XXe siècle", a déclaré le chef de l'Etat. Selon lui, "le premier défi est celui du changement climatique qui menace l'avenir même de notre planète et de l'humanité toute entière. Il pose la question de la gestion de ressources énergétiques devenues rares et chères et celle, plus difficile encore, de notre capacité à inventer, ensemble, un nouveau mode de croissance". Dans le domaine de l'énergie, M. Sarkozy a aussi souhaité que les grands groupes pétroliers et miniers alimentent un fonds pour aider les pays les plus pauvres à payer leur énergie. "Les monarchies pétrolières ont pris l'heureuse intiative de créer un fonds pour aider les pays les plus pauvres à acquitter la facture énergétique", a dit le président français. "Je souhaite que les grands groupes pétroliers et miniers, qui bénéficient de profits s'apparentant à une rente, alimentent à leur tour un fonds semblable", a-t-il ajouté.
Le président Sarkozy a été durement critiqué par ses adversaires politiques pour ses récentes déclarations sur la religion et la laïcité, qu'il souhaite "positive". "Dans mon discours de Saint-Jean de Latran [à Rome], j'ai précisé ma conception d'une laïcité où la place de la religion serait définie en termes plus positifs. Devant le Conseil consultatif de l'Arabie saoudite, à Riyad cette semaine, j'ai fait écho aux propos pleins de sagesse du roi Abdallah, et plaidé en faveur d'une conception ouverte, tolérante de la religion", a rappelé le chef de l'Etat.
Défense. M. Sarkozy a promis des propositions françaises sur l'Europe de la défense et l'OTAN "pragmatiques et ambitieuses"."L'Europe de la défense et l'ancrage atlantique sont les deux volets d'une même politique de défense et de sécurité", a-t-il réaffirmé, expliquant que "c'est dans ce contexte que la France entend rénover sa relation avec l'OTAN". Ainsi, a-t-il poursuivi, Paris "fera des propositions à la fois pragmatiques et ambitieuses dans une double perspective : la présidence française de l'Union [au second semestre 2008] et le sommet du 60e anniversaire de l'Alliance", début avril à Bucarest.
Diplomatie de réconciliation. Le président a assuré que la diplomatie "de la réconciliation" qu'il conduit avec des pays comme la Libye n'est "en rien une diplomatie de la complaisance". "C'est sur la base de nos valeurs et de nos principes, que nous conduisons ces dialogues, fondés sur la clarté, la transparence et la fermeté", a déclaré le chef de l'Etat. "C'est dans cet esprit que j'ai plaidé à Pékin contre la peine de mort et pour la liberté de la presse, ou à Moscou pour le respect des droits des minorités ethniques ou sociales", a précisé M. Sarkozy.
"Lorsque les orientations agréées lors d'un dialogue ne sont pas respectées, ou lorsque ce dialogue ne débouche pas sur les résultats attendus, il m'appartient en toute clarté d'en tirer les conséquences", a-t-il insisté. Nicolas Sarkozy avait été critiqué à la suite de son déplacement en Chine et lors de la visite à Paris du numéro un libyen, Mouammar Kadhafi, la gauche notamment lui reprochant d'avoir renié ses promesses en faveur de la défense des droits de l'homme.
Proche-Orient. M. Sarkozy a confirmé qu'il irait au printemps au Proche-Orient, pour soutenir le processus de paix israélo-palestinien. "2008 sera l'année du lancement d'un grand projet de civilisation : l'Union pour la Méditerranée, afin de faire vivre entre tous les peuples riverains la paix, l'entente et la coopération sur la base de projets concrets", a affirmé le chef de l'Etat. Selon lui, "cette grande ambition sera facilitée si 2008 est aussi, comme prévu à Annapolis, l'année de la création de l'Etat palestinien, aux côtés de l'Etat d'Israël"."C'est aussi maintenant qu'il faut sortir le Liban d'une crise qui n'en finit pas parce qu'elle est alimentée de l'extérieur", a-t-il également affirmé, faisant allusion à la Syrie. "La Ligue arabe, à l'unanimité, a adopté un plan de règlement qui rejoint complètement les idées avancées par la France. Il faut, sur cette base, que chacun assume ses responsabilités, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, et que la communauté internationale juge chaque acteur sur ses actes. La France restera engagée aux côtés des Libanais, de tous les Libanais", a-t-il insisté. La majorité libanaise et les pays occidentaux accusent la Syrie d'entraver tout accord politique au Liban.
Iran. Le président a plaidé pour une politique de "fermeté" et de "dialogue" pour amener l'Iran à donner des garanties que son programme nucléaire ne vise pas à acquérir l'arme atomique. La politique française est "faite de fermeté, car les sanctions sont nécessaires pour convaincre les dirigeants iraniens de revenir à la table des négociations", a-t-il déclaré. Paris est favorable à l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une nouvelle résolution de sanctions contre Téhéran, et à l'adoption de sanctions spécifiques contre ce pays au sein de l'Union européenne.
Cette approche est faite "de dialogue (...), engagé à mon niveau, car notre objectif n'est nullement le changement de régime, mais au contraire l'insertion de l'Iran dans sa région, en acteur positif, dès lors qu'il respecterait la loi internationale", a-t-il ajouté.
Le président français a également confirmé implicitement que l'évaluation début décembre des services de renseignement américains selon laquelle le régime iranien semble moins enclin à développer des armes nucléaires n'avait pas changé la donne aux yeux de Paris. "Vous connaissez la position de la France. Rien de ce qui s'est passé depuis ne me conduit à modifier mon jugement et donc l'approche de la France", a-t-il affirmé.
Institutions. "Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l'égalité de l'homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possibles de véritables politiques d'intégration, pour répondre aux défis de la bioéthique."
Croissance. M. Sarkozy a déclaré qu'il souhaitait modifier les instruments de mesure de la croissance française. "Nous ne pouvons pas espérer changer nos comportements et nos façons de pensée si nos critères de la richesse restent les mêmes", a-t-il déclaré. "Nous avons besoin de prendre en compte la qualité et pas seulement la quantité pour favoriser un autre type de croissance. Il faut changer notre instrument de mesure de la croissance." Le président a chargé deux Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, de réfléchir à ces instruments de mesure.
Environnement. M. Sarkozy est prêt à "recourir à la clause de sauvegarde" sur les OGM, s'il y a des "doutes sérieux" sur ceux qui sont cultivés en France, a-t-il déclaré. "Si la haute autorité sur les OGM, qui se prononce demain, soulève des doutes sérieux sur les OGM actuellement cultivés en France, je suis disposé à recourir à la clause de sauvegarde, jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème".
Education. Le président de la République a annoncé le lancement en 2008 de dix "projets de rénovation universitaire" pour lutter contre le "délabrement" des universités françaises. "Nous devons refaire des universités où on a envie d'étudier, où on a les moyens d'étudier, qui soient des lieux de convivialité et d'effervescence intellectuelle", a expliqué le chef de l'Etat, soucieux d'"offrir à nos étudiants un cadre et des conditions de vie à la hauteur de l'idée que nous nous faisons de la place du savoir dans notre civilisation".
Audiovisuel public. Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d'une réflexion sur la suppression totale de la publicité sur les chaînes de télévision publiques. Ces chaînes publiques "pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur les chiffres d'affaires des nouveaux moyens de communication comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile", a-t-il dit.
Travail et pouvoir d'achat. Le chef de l'Etat s'est prononcé pour un élargissement et une augmentation de la participation et de l'intéressement qui permettent aux salariés de toucher "la part qui leur revient dans le succès des entreprises". Il a souhaité que la participation et l'intéressement puissent s'étendre à toutes les entreprises, y compris celles qui comptent moins de 50 salariés. "Il n'est pas acceptable qu'une entreprise qui fait beaucoup de bénéfices ne récompense pas ses salariés. (...) Un doublement ou un triplement de la réserve de participation ne me choquerait pas."
35 heures. Prié de dire s'il souhaitait que cette année soit celle de la fin des 35 heures, il a répondu : "Pour dire les choses comme je les pense, oui."
Immigration. Nicolas Sarkozy a réclamé qu'en matière d'immigration, la France aille "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas". Le président de la République a également souhaité la création d'une juridiction spécialisée dans le droit des étrangers. Il a indiqué souhaiter "une juridiction qui s'occupe du droit des étrangers", alors qu'à l'heure actuelle le droit dans ce domaine relève de tribunaux ordinaires, non spécialisés, administratifs ou judiciaires, contrairement à d'autres domaines, comme le droit du travail, qui est appliqué par des juridictions spécialisées.Ville. Nicolas Sarkozy a défendu à nouveau l'idée d'un "Grand Paris", promettant de ne pas "laisser (le) projet s'enliser", car "la situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable". Cette question fait débat à quelque deux mois des municipales qui voient le maire PS Bertrand Delanoë briguer sa propre succession face à Françoise de Panafieu (UMP).
Santé. Nicolas Sarkozy a appelé à un "changement complet de gouvernance de l'hôpital, de fond en comble" en 2008 parce "que l'hôpital n'est plus gouverné". "Malgré le dévouement et la compétence des médecins et des équipes para-médicales, l'hôpital est en déshérence et les 35 heures lui ont porté le coup de grâce", a estimé le chef de l'Etat. Il a souligné qu'il fallait aussi transformer "les structures hospitalières sous-utilisées pour accueillir des personnes âgées qui ont du mal à trouver un hébergement adapté à leurs besoins". Au passage, M. Sarkozy a insisté "sur la nécessité de garantir à tous un égal accès à la qualité des soins, quels que soient les moyens de chacun, quel que soit le territoire et quel que soit le quartier. Il faut qu'un effort soit fait en faveur des services d'urgence, qu'on aide les jeunes médecins à s'installer dans les cantons ruraux, dans les banlieues".
Capitalisme. M. Sarkozy a déclaré que la France ne se laisserait pas faire "face à la montée en puissance des fonds spéculatifs extrêmement agressifs et des fonds souverains". Il a expliqué qu'il souhaitait faire de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC) "un instrument de cette politique de défense et de promotion des intérêts économiques primordiaux de la nation". "La France assume le choix politique, le choix stratégique de protéger ses entreprises, de leur donner les moyens de se défendre et de se développer", a-t-il ajouté.
Vie privée. Au sujet de sa liaison avec Carla Bruni, M. Sarkozy a indiqué que c'était "du sérieux". A propos d'un mariage éventuel, il a répondu : "il y a de fortes chances pour que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait", précisant que "ce n'est pas le JDD [l'hebdomadaire à l'origine des rumeurs sur un mariage éventuel du président avec Carla Bruni] qui fixera la date".
Remaniement ministériel. Au sujet d'un éventuel remaniement du gouvernement, il a indiqué qu'il était "sûr qu'il y en aura un, mais pas maintenant".
Le texte, à l'examen du Conseil d'Etat, n'est pas définitif. Il prévoit que le juge d'instruction ne pourra plus prononcer de non-lieu sur la base de l'article 122-1 du code pénal. Celui-ci exonère les auteurs de crime ou de délit de toute responsabilité pénale si un trouble psychique a aboli leur discernement quand ils ont commis leur acte. Le juge délivrera une "ordonnance d'irresponsabilité pénalepour trouble mental".
C'est la chambre de l'instruction qui décidera de renvoyer ou non l'auteur atteint de troubles psychiques devant des juges. Si le parquet ou les victimes le demandent, une audience publique se tiendra. Après l'interrogatoire du mis en examen, la déposition des experts et celle des témoins, la chambre de l'instruction pourra renvoyer l'auteur des faits devant un tribunal ou une cour d'assises, ou déclarer son irresponsabilité en raison de l'abolition de son discernement. Le "non-lieu", là encore, disparaîtra. Il sera rendu "un arrêt de constatation de culpabilité civilede la personne", notion qui laisse très sceptiques les juristes.
Les juges de la cour d'appel déclareront "que la personne a commis les faits qui lui étaient reprochés". Ils prononceront son irresponsabilité pénale. Mais ils pourront déclarer sa responsabilité civile, en statuant sur les demandes de dommages et intérêts. Enfin, la chambre de l'instruction pourra ordonner des mesures de sûreté, telles que l'interdiction de paraître dans certains lieux ou celle d'exercer une profession sans examen psychiatrique préalable. La décision lèvera la détention provisoire et le préfet pourra prononcer une hospitalisation d'office.
"DÉSIGNER OFFCIELLEMENT L'AUTEUR DES FAITS"
Deux autres dispositions prévoient que les cours d'assises et les tribunaux correctionnels pourront, eux aussi, déclarer la "culpabilité civile" et statuer directement sur les dommages.
La cour d'assises peut déjà se prononcer sur deux questions : "l'accusé a-t-il commis les faits reprochés?" et "l'accusé bénéficie-t-il pour ce fait de la cause d'irresponsabilité prévue par la loi?" Mais les investigations s'arrêtent la plupart du temps dans le bureau du juge d'instruction. Les victimes se voient alors privées d'explications. Le juge n'a pour seule obligation que de leur adresser un courrier recommandé notifiant les résultats de l'expertise qui conclut à l'irresponsabilité.
Pour l'Association des parents d'enfants victimes (Apev), qui participe depuis plusieurs années aux réflexions ministérielles, l'ordonnance de non-lieu, ainsi rendue, était à proscrire. Son président, Alain Boulay, a réclamé qu'il soit possible de "désigner officiellement l'auteur des faits après un débat public".
"Il ne s'agit pas de juger les fous", affirme le porte-parole de la chancellerie, Guillaume Didier. Le faire serait contraire à la tradition juridique démocratique : une infraction n'est poursuivable devant la justice que si l'intention de la commettre est établie. Pour la chancellerie, il s'agit de "faire en sorte qu'existe une véritable audience pour évoquer les faits".
Le texte ministériel va cependant plus loin que le premier projet élaboré en 2003 à la demande du garde des sceaux Dominique Perben. Les experts désignés alors avaient proposé de créer une juridiction spéciale, qui devait statuer non sur une culpabilité mais sur "l'imputabilité" des faits à l'auteur malade mental. Cette esquisse avait été très critiquée parmi les magistrats et les médecins psychiatres.
"Les responsables politiques disent que, sans procès, les victimes ne font pas leur deuil , et qu'il leur faut un espace judiciaire pour leur permettre d'exprimer leur traumatisme, explique Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). Mais la question de la réparation personnelle ne peut être réglée par la mise en scène de la justice." "La demande des victimes n'est pas une demande de thérapie, ni une demande de cérémonie rituelle pour justifier les décisions précises", avait tempéré l'Apev.
Les médecins, eux, dénoncent le fait que la pénalisation de la folie est déjà inscrite dans la réalité. Le nombre d'ordonnances de non-lieu prononcées par les juges d'instruction pour irresponsabilité est en chute libre : près de 450 en 1987, moins de 200 dix ans plus tard. La conséquence est que les prisons abritent 21 % de détenus psychotiques.
Romain Dupuy devant la chambre de l'instruction
Romain Dupuy, 24 ans, auteur du double meurtre d'une infirmière et d'une aide-soignante à l'hôpital psychiatrique de Pau, en décembre 2004, comparaît à partir de mercredi 7 novembre, pendant trois jours, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel pour un débat contradictoire qui doit décider de son éventuel renvoi devant une cour d'assises : le jeune homme, schizophrène, a bénéficié d'un non-lieu, le 28 août. Les parties civiles ont fait appel.
Le procureur général, Jean-François Lorans, a souhaité que l'audience se déroule en public. Les médecins de l'Unité pour malades difficiles de Cadillac (Gironde), où est interné Romain Dupuy, ont autorisé sa comparution pour une demi-journée, sous haute surveillance.
Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2004, Romain Dupuy tue au couteau une aide-soignante de l'hôpital où il est traité depuis plusieurs années, et décapite une infirmière. Identifié par des analyses ADN, il admet les faits à l'issue d'explications confuses.
Marie-Claire Dupuy a témoigné de la longue dégradation de l'état de son fils, qui enchaînait les crises : "Il délirait, devenait asocial, refusait les traitements." Le parquet, suivi par le juge d'instruction, avait requis le non-lieu, après que deux experts ont conclu à l'abolition du discernement pour "schizophrénie paranoïde".
"En comparaison de la hausse du pouvoir d'achat des ménages (+ 2,3 %), ils se sont accordés l'an dernier des augmentations de Père Noël, jusqu'à 25 % pour les mieux lotis", écrit Capital dans son palmarès des plus hautes rémunérations. Cette "envolée va de pair avec une explosion des résultats des entreprises", avec notamment des bénéfices de près de 100 milliards d'euros et des cours de Bourse en hausse de 17 % pour les sociétés du CAC 40, mais cela "n'explique pas tout", selon Capital.
LOUIS SCHWEITZER NUMÉRO UN
Ce classement prend en compte à la fois les salaires, les bonus, les plus-values sur stock-options, mais aussi les dividendes, les parachutes et les retraites futures, indique le mensuel économique.
Le président du conseil d'administration de Renault, Louis Schweitzer, arrive en tête avec des revenus s'élevant pour 2006 à 11,9 millions d'euros, notamment grâce à une "belle plus-value de stock-options". Il est suivi de Daniel Bouton (Société générale, 10,8 millions d'euros) et de Bernard Charlès (Dassault Systèmes, 10,3 millions d'euros).
"Je souhaite que la question du pouvoir d'achat (...) trouve toute sa place dans les négociations entre les partenaires sociaux", a poursuivi le président. "Quand on explique aux salariés d'une entreprise qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas", il ne faut pas "dans la même entreprise qu'il y ait de l'argent pour le haut", a-t-il estimé, affirmant qu'il n'y avait pas eu de "négociations sur les salaires (...) depuis la loi sur les 35 heures".
"LES MINIMAS SOCIAUX AU SERVICE DE L'EMPLOI"
Dans cette optique, le président français a confirmé la création d'un revenu solidaire d'activité, aujourd'hui au stade de l'expérimentation. En attendant, il a annoncé le maintien du versement de la traditionnelle prime de Noël destinée aux bénéficiaires des minimas sociaux à la fin de l'année 2007. Depuis 2005, le montant de la prime s'élève à 320,14 euros pour un couple avec deux enfants et de 152,45 euros pour une personne seule.
Nicolas Sarkozy a exprimé son intention de "mettre les minimas sociaux au service de l'emploi et de la réduction de la pauvreté plutôt qu'à celui de la relégation durable". "Ce n'est pas admissible que pour une part de plus en plus importante de la population, les minima sociaux soient devenus des maxima indépassables, que les planchers soient devenus des plafonds et que le travail ne permette pas de franchir le seuil de pauvreté", a fait valoir le chef de l'Etat.
La réduction de la pauvreté en France engagera l'ensemble des ministres "quel que soit leur champ d'action", a assuré le président, et sera placé sous l'autorité du haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, qui sera un gardien "vigilant parce qu'il est actif et qu'il n'est pas une personnalité à la colonne vertébrale fragile". M. Hirsch sera également chargé d'organiser le "Grenelle de l'insertion", qui débutera en novembre, et sera l'occasion, selon M. Sarkozy, d'établir un "diagnostic partagé sur les situations de pauvreté", afin de "remettre à plat les politiques destinées à y remédier".
Le bénévolat pris en compte dans le calcul des retraites
M. Sarkozy a également abordé, mercredi, le thème du bénévolat dans le milieu associatif, demandant que les années consacrées à ce type d'activité soient prises en compte dans le calcul de la retraite. "Je veux que les années de bénévolat dans les associations valident des années de cotisation de retraites (...), que des étudiants qui consacrent du temps à des associations soient valorisés dans les examens qu'ils passent avec des bonifications des points", a-t-il expliqué. – (Avec AFP.)
Deux années de discussions auront été nécessaires pour aboutir au lancement, mardi 9 octobre, par le ministère de la santé et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), d'une première campagne nationale "La dépression : en savoir plus pour en sortir". Ce dispositif d'information (guide, site Internet, spots radio et télé) intervient alors même que les décrets d'application réglementant l'usage du titre de psychothérapeute n'ont toujours pas abouti. Et qu'il n'est pas question, "dans un contexte de déficit de la Sécurité sociale", a justifié Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de prendre en charge l'accès à un psychologue.
Entre 1980 et 2001, la vente d'antidépresseurs en France a été multipliée par dix et atteint plus de cinquante millions de boîtes par an. Coordonnatrice, avec le pharmacologue Bernard Bégaud, d'une étude publiée en 2006 sur la consommation de médicaments psychotropes en France, Hélène Verdoux, professeure de psychiatrie à l'université Bordeaux-II et spécialiste de pharmaco-épidémiologie, revient sur le bon usage des antidépresseurs.
Selon votre étude, la moitié des personnes consommant des antidépresseurs ne présentent pas de trouble psychiatrique avéré...
Actuellement, le mot dépression est utilisé à tort et à travers. Il existe en France une surprescription d'antidépresseurs pour des personnes qui n'ont pas de pathologie dépressive, au sens médical du terme. Ils ont une plainte de mal-être face à laquelle la réponse médicamenteuse n'est pas forcément adéquate. Chez quelqu'un qui n'en a pas besoin, l'antidépresseur peut favoriser la survenue d'une vulnérabilité et entraîner des complications. Ces personnes ont davantage besoin d'écoute, de psychothérapie, de soutien. Malheureusement, les consultations de psychologues ne sont pas remboursées.Nous sommes les champions d'Europe de la consommation d'anxiolytiques et d'antidépresseurs comme nous le sommes pour les antibiotiques. Cela relève d'une culture française en faveur du médicament et d'un système sans contrôle.
A l'inverse, moins d'une personne sur trois souffrant de dépression bénéficie d'un traitement approprié. Pourquoi ?
Dans la plupart des pays développés, la dépression est sous-diagnostiquée. D'abord, le recours au soin pour une pathologie psychiatrique ne va pas de soi. De plus, les symptômes de la dépression sont mal connus, d'où l'intérêt d'une campagne nationale. Ensuite, lorsqu'une personne consulte, il faut que le médecin puisse reconnaître la dépression. Très souvent, le patient évoque des problèmes de fatigue et de sommeil et se retrouve avec une prescription d'hypnotique. Le médecin doit prendre le temps d'explorer tous les symptômes. Enfin, encore faut-il que le patient prenne son traitement et ne s'entende pas dire par son entourage : "Tu ne vas pas prendre cette cochonnerie, secoue-toi, bouge-toi et ça passera."
Quelles sont les règles du bon usage d'un antidépresseur ?
Il faut bien savoir que le délai d'action de ce médicament est au minimum de deux à trois semaines et que cette période peut être particulièrement difficile. Le traitement doit être poursuivi au minimum pendant six à huit mois après la disparition des symptômes. Lorsqu'une personne a fait plusieurs épisodes dépressifs (au moins trois au cours des cinq dernières années), la question d'un traitement préventif peut se poser. Enfin, l'arrêt d'un traitement doit se faire progressivement. C'est seulement si l'intensité de la dépression est modérée qu'une psychothérapie seule peut être envisagée.
Certains patients s'interrogent sur les "cocktails" médicamenteux qu'ils doivent prendre...
En début de traitement, il n'est pas aberrant de prendre un hypnotique pour réduire les problèmes de sommeil et un anxiolytique pour lutter contre l'anxiété. Mais, lorsque l'antidépresseur agit, mieux vaut arrêter ces autres médicaments et privilégier la monothérapie.
Quels sont les effets secondaires des antidépresseurs ?
Jusqu'au début des années 1980, ils entraînaient beaucoup d'effets secondaires tels que la bouche sèche, la constipation, la prise de poids, les tremblements. Puis, avec l'arrivée des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), comme le Prozac ou le Deroxat, les effets secondaires se sont amenuisés. Ils peuvent encore entraîner temporairement quelques nausées et vertiges. Le problème majeur qui peut être rencontré est celui de l'inversion de l'humeur. La personne devient par exemple euphorique ou hyper-active. Dans ce cas-là, il faut arrêter rapidement le traitement, car il a dépassé son but.
Les symptômes de la maladie
La dépression n'est ni une simple mélancolie ni un coup de déprime passager mais correspond à une maladie psychique dont la définition fait aujourd'hui consensus. Tristesse inhabituelle ; perte d'intérêt et de plaisir ; perte ou gain de poids ; dégradation de la qualité du sommeil ; fatigue ou perte d'énergie ; culpabilité excessive ; difficulté à se concentrer ; agitation ou ralentissement psychomoteur ; pensées suicidaires : une personne est victime d'un "épisode dépressif" lorsqu'au moins cinq de ces symptômes se manifestent quasiment tous les jours pendant au moins deux semaines. "Il faut également que ces symptômes aient un retentissement, c'est-à-dire qu'ils entraînent une souffrance significative ou une altération du fonctionnement socioprofessionnel de la personne", explique Emmanuelle Corruble, professeure de psychiatrie à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). La volonté seule ne suffit pas pour s'en sortir.
L'association insiste notamment sur le cas des étrangers, pour la plupart sans-papiers, qui représentent 90 % des 40 000 consultations réalisées en 2006 dans ses 21 centres d'accueil, de soins et d'orientation (Caso). Médecins du monde y décrit en particulier une "atmosphère de déni de droits", de "suspicion" et de "chasse à l'étranger". La "peur de se déplacer pour se rendre dans les lieux de soins, par crainte de se faire arrêter par la police" est "un frein à l'accès aux soins", souligne l'organisation. Le nombre de patients reçus en consultation a baissé de 16 % en 2006, un "signe inquiétant" selon Médecins du monde, pour qui cette tendance devrait encore se confirmer en 2007.
Ces craintes "peuvent être fondées", rappelle l'organisation, citant la circulaire du 21 février 2006 adressée aux préfets et procureurs, incitant les forces de l'ordre à "chercher des lieux favorables à l'arrestation : hôpitaux, centres de soins spécialisés pour toxicomanes, véhicules (donc bus associatifs, pompiers, ambulances), sièges d'associations..."
DES CENTRES DE SOINS PAS TOUJOURS ADAPTÉS
L'association continue également de plaider pour "une simplification du système" avec une couverture maladie universelle unique pour toutes les personnes au-dessous du seuil de pauvreté. Ce dispositif remplacerait le double système actuel composé de la couverture maladie universelle (CMU) pour les patients français et de l'aide médicale d'Etat (AME) pour les étrangers en situation irrégulière pouvant prouver trois mois de présence en France.
Sur le total des patients vus en 2006, 86 % n'avaient pas de couverture maladie lorsqu'ils sont arrivés dans les centres, alors que 55 % avaient droit à l'AME et 24 % à l'assurance maladie (sécurité sociale/CMU). Médecins du monde déplore également une "augmentation des personnes sans droit", 21 % ne pouvant bénéficier d'aucun dispositif car ne justifiant pas d'une présence de trois mois sur le sol français.
De plus, les centres de soins gratuits ne sont pas toujours adaptés à la gravité de la situation, constate l'association. A l'issue de 39 % de consultations, le problème de santé diagnostiqué nécessitait une prise en charge à moyen ou long terme : hypertension, diabète, syndrome dépressif, cardiopathies...
Les chiffres clés du rapport
- Les 21 centres d'accueil de Médecins du monde ont tenu, en 2006, quelque 38 500 consultations médicales et reçu 24 977 patients dont 17 343 nouveaux.
- 86 % des personnes qui se présentent n'ont pas de couverture maladie, alors que près de 80 % des personnes y ont droit (55 %, Aide médicale de l'Etat et 24 %, Sécurité sociale/CMU).
- Les patients des Centres d'accueil, de soins et d'orientation (Caso) sont majoritairement des hommes (55 %), jeunes (âge moyen de 34,2 ans) et étrangers (à 90 %).
- Les nationalités les plus représentées étaient en 2006 : les Roumains (22 % des consultations et essentiellement des Roms), les Algériens, les Français (10 %), les Marocains et les Camerounais.
- 56 % des patients étrangers sont en France depuis moins d'un an, le quart depuis moins de trois mois.
- Près de deux patients sur dix sont à la rue, 41 % dans un logement précaire.
- La quasi-totalité des patients vit sous le seuil de pauvreté (788 euros mensuels). Près de 70 % n'ont pas de travail, 20 % un travail non déclaré.
Journée mondiale du refus de la misère : le gouvernement mobilisé
Le président Nicolas Sarkozy prononcera, mercredi 17 octobre, devant le Conseil économique et social (CES), un discours sur la lutte contre la pauvreté, à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère.
En marge de ce discours, des personnes démunies, réunies par l'association ATD Quart Monde, remettront à Nicolas Sarkozy une "déclaration de solidarité" rédigée par des défenseurs des droits de l'homme afin d'"amplifier les réactions de solidarité internationale contre la misère". Martin Hirsch fera en conseil des ministres une communication sur le thème de la lutte contre la misère. – (Avec AFP et Reuters.)
"Voulez-vous que cesse l'arbitraire, la corruption, la violence? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l'argent soit investi au lieu d'être détourné?", a demandé M. Sarkozy devant un auditoire d'un millier de personnes, dont quelques centaines d'étudiants, à l'université Cheikh-Anta-Diop."Si vous le décidez, la France sera à vos côtés comme un ami indéfectible, mais la France ne peut pas vouloir à la place de la jeunesse d'Afrique", a-t-il poursuivi, qualifiant sa politique sur le continent de "politique des réalités et non plus la politique des mythes".
"Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est le co-développement (...) c'est la coopération, c'est l'association, c'est le partenariat entre nations égales en droits et en devoirs", a souligné le président français, estimant, plus largement, qu'il s'agissait d'"élaborer une stratégie commune dans la mondialisation" et "préparer l'avènement de l'Eurafrique", un vaste ensemble dont son projet d'Union méditerranéenne serait "le pivot".
"REGARDER ENSEMBLE (...) AU-DELÀ DE CETTE DÉCHIRURE"
Lors de cette visite au Sénégal – la première depuis son élection en mai – le chef de l'Etat a reconnu que la colonisation avait été une "grande faute", tout en estimant que l'Afrique avait "sa part de responsabilité dans son propre malheur". "Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes", a-t-il déclaré, qualifiant la traite négrière et l'esclavage de"crime[s] contre l'homme, contre l'humanité toute entière".
"Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas." Mais "la colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique, a estimé Nicolas Sarkozy. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux", ni des "génocides", des "dictateurs", du "fanatisme", "de la corruption et de la prévarication (...), des gaspillages, de la pollution."
Il a de nouveau déclaré que nul ne pouvait demander aux générations d'aujourd'hui d'"expier ce crime perpétré par les générations passées", tout en affirmant qu'il n'était pas venu à Dakar parler de "repentance" mais proposer aux Africains de "regarder ensemble (...) au-delà de cette déchirure et de cette souffrance".
"NOUS NOUS SOMMES COMPRIS" SUR L'IMMIGRATION
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui s'est entretenu en tête à tête avec le président français, a affirmé être "tout à fait d'accord sur la philosophie de l'immigration" de M. Sarkozy, ajoutant que sur cette délicate question "nous nous sommes compris, après quelques incompréhensions de départ, parce que tous les deux, nous avons choisi de parler le langage de la vérité". Il a fait valoir que "l'immigration clandestine constitue un danger pour l'Afrique", alors que le Sénégal dépense, selon lui, 40 % de son budget pour l'éducation. M. Wade a ajouté que "la population comprend de mieux en mieux qu'il faut combattre l'immigration clandestine".
M. Wade a par ailleurs indiqué qu'il avait reçu "un accord de principe de la France" pour le financement du procès au Sénégal de l'ancien dictateur tchadien, Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l'humanité. Autre point abordé, celui de la représentation de l'Afrique au sein de l'ONU, M. Sarkozy ayant assuré son homologue qu'il était favorable à l'attribution d'un siège permanent pour le continent au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.
M. Sarkozy doit quitter Dakar, vendredi matin, et terminer sa visite en Afrique subsaharienne par un passage au Gabon, avant de regagner Paris dans la nuit.
La biologie récente semble servir en première analyse ce projet. D'abord en ayant fourni le catalogue des gènes exprimés via le décryptage du génome humain. Ensuite en offrant une analyse de plus en plus fine de la neuro-anatomie et bientôt les schémas des activités cérébrales de référence. Pour autant, plus ce projet se complète et plus le rêve déterministe s'éloigne. Dans le même temps, le rôle des interactions entre le biologique et son environnement, la probabilité d'occurrence d'un événement et l'influence de l'histoire particulière de l'individu, apparaissent de plus en plus fort.
Dans le Meilleur des mondes, Aldous Huxley, s'inspirant des travaux du physiologiste anglais Haldane, invente le fameux "procédé Bokanovski", qui multiplie les jumeaux avant de les transformer en "alpha", "bêta", "gamma", "delta" ou "epsilon" grâce à un conditionnement extérieur associant le biologique et l'élevage. Les comportements humains obéissent-ils à des schémas contraints que nous sommes en train de décrypter ou ne s'agit-il que d'une conception idéologique, vieille comme l'humanité, rénovée à l'aune de la science ? Cette conception déterministe, c'est l'éternelle histoire d'un destin implacablement appelé à se réaliser à partir de l'expression de facteurs innés ou irréversiblement acquis, fixés par des apprentissages précoces.
La question n'est pas un simple jeu de spéculation intellectuelle. Le déterminisme est à l'origine de toutes les pratiques eugéniques qui ont jalonné la première moitié du XXe siècle, comme la stérilisation forcée de milliers de malades mentaux aux Etats-Unis ou en Scandinavie ou le projet d'extermination, par les nazis, des homosexuels. La génétique moléculaire comme la biologie du développement ont démontré la fausseté de cette conception. Il faut nécessairement les interactions de tout élément du vivant avec son environnement pour créer une histoire, particulière, spécifique, individuelle.
Les découvertes scientifiques récentes révèlent certes les contraintes matérielles sur lesquelles s'élabore l'information, génétique ou neurale. Elles révèlent aussi de plus en plus l'extraordinaire plasticité des systèmes vivants, leurs capacités d'évolution et d'adaptation, tout au long de la vie.
Les propos de M. Sarkozy reposent sur la croyance aussi simple que fausse selon laquelle un gène détermine un caractère et, partant, qu'une sélection des "bons" gènes permettrait l'obtention de "bons" caractères. Une telle lecture du vivant et de sa transformation n'est pas véritablement nouvelle. A sa manière, la phrénologie de Gall, à la fin du XVIIIe siècle, se fondait sur cette approche.
Elle consistait à attribuer un caractère spécifique à telle ou telle région superficielle du cortex cérébral, repérable au niveau de la boîte crânienne. Le fait qu'une personne présente un caractère particulièrement développé n'avait d'autres explications que le développement de la région corticale correspondante. La bonté ou la sagesse, la bêtise ou l'instinct criminel correspondaient ainsi au degré de développement de certaines bosses du crâne. Cette théorie a fait long feu. Les connaissances acquises par l'enregistrement de l'activité des neurones cérébraux puis par les techniques d'imagerie fonctionnelle montrent à quel point la réalité est autrement plus complexe que les convictions de Gall. Pour autant tous ces acquis n'ont pas encore chassé de l'imaginaire populaire la bien trop fameuse "bosse des maths".
Un gène n'agit pas seul. La partie du gène qui est responsable de l'expression d'une protéine, une enzyme par exemple ou une protéine du squelette de la cellule, n'est que l'une des voitures d'un immense train. Chaque élément de ce train va modifier le lieu, le moment ou le degré d'expression de la protéine, voire même sa structure. Une protéine existe en effet souvent sous forme de module. Certains de ces modules sont "en option". Selon qu'ils sont ou non exprimés, la protéine agit de manière plus ou moins longue, en un site ou en un autre, préfère un partenaire moléculaire ou un autre.
Un gène fait donc bien partie d'un réseau complexe d'interactions. C'est dire surtout la difficulté qu'il peut y avoir à déterminer "la" fonction d'un gène donné. C'est dire la complexité intrinsèque au fonctionnement de nos cellules sans même parler de nos comportements plus élaborés. Ajoutons que le fait qu'une anomalie perturbe un système complexe ne fait pas de la cause de l'anomalie la fonction elle-même. Il est bien clair qu'une fermeture qui interdirait brutalement l'accès au pont Alexandre-III à Paris provoquerait rapidement de grosses perturbations de la circulation automobile dans tout l'ouest de la capitale ; cela ne signifie pas pour autant que la fonction circulatoire automobile parisienne repose dans sa totalité sur le pont Alexandre-III.
Un gène n'est pas univoque. Une des grandes surprises du séquençage du génome humain réside dans la découverte du petit nombre de nos gènes : moins de 30 000, soit à peine plus que le génome de la drosophile ou mouche du vinaigre. Ceci sous-entend qu'un gène peut être inclus dans plusieurs réseaux de régulations complexes ; dès lors le résultat final de son activation n'est sans doute pas aussi simple que certains pourraient l'espérer.
Certains faits scientifiques sont instrumentalisés, et nous voyons alors surgir une tentative insidieuse et perverse de nouvelle validation de préjugés sociaux. Cet objectif d'analyse prédictive part de la génétique et vise non seulement la maladie mentale ou neurologique, mais également des caractéristiques du comportement et les capacités intellectuelles. Cette croyance au "tout biologique" déterministe pourrait avoir de sérieuses implications sur notre système de santé et notre justice, mais aussi sur les méthodes éducatives, tant à l'école qu'à la maison.
Comment dès lors ne pas nous inquiéter de voir un ancien ministre de l'intérieur, candidat à l'élection présidentielle, nous conduire vers les horizons mêlés du Meilleur des mondes d'Huxley et de 1984 d'Orwell ? Aux antipodes de tout cela, nous devons avoir le courage de penser collectivement le progrès scientifique afin d'en préserver les bénéfices pour le plus grand nombre et de garder la maîtrise des nouveaux espaces de liberté que la science révèle.
Hervé Chneiweiss est directeur du laboratoire plasticité gliale du Centre Paul-Broca (Paris) et rédacteur en chef de la revue "Médecine/Sciences".
Maison et services, enseigne spécialisée dans le ménage, le repassage, le nettoyage et le jardinage, couvre avec une centaine de franchisés la moitié du territoire national. Elle aura couvert l'autre moitié avant deux ans. Au dernier Salon de la franchise, qui se tenait fin mars porte de Versailles, à Paris, les candidats faisaient la queue devant son stand. "Deux à quatre franchisés nouveaux sont introduits dans le groupe chaque mois", précise Patrice Deniau.
Maison et services, numéro un de l'"entretien de la maison", relève d'un secteur économique nouveau inventé par Jean-Louis Borloo, ministre des affaires sociales : les "services à la personne". Lourdes incitations fiscales à l'appui, le gouvernement a mis en place un dispositif cohérent destiné à rendre solvable les ménages français afin qu'ils soient incités à consommer toujours plus de garde d'enfants et de soutien scolaire, d'assistance informatique à domicile, de travaux ménagers, de jardinage, sans oublier bien sûr l'aide aux personnes âgées et handicapées. Le but de l'opération est simple : permettre l'émergence d'un secteur économique capable de sortir 500 000 personnes du chômage en trois ans. Le (la) prochain président(e) devrait tirer les marrons du feu allumé voilà un peu plus d'un an. A condition qu'il (elle) ne tente pas de modifier en profondeur l'échafaudage fiscal concocté par l'actuel ministre des affaires sociales.
Le cercle vertueux semble, en effet, enclenché. Le marché des services à la personne a représenté un chiffre d'affaires de 12,65 milliards d'euros en 2006, en hausse de 11 % par rapport à 2005. Selon une étude rendue publique fin mars par le cabinet Ineum Consulting et l'Essec, "les services à la personne devraient atteindre 18 milliards d'euros en 2010". Rien qu'en 2006, 145 000 emplois auraient été créés. Pari d'ores et déjà gagné ? Pas si simple. Ces 145 000 "emplois" sont des tiers-temps ou des mi-temps. Ils ne correspondent donc pas à de classiques emplois salariés.
Xavier Sillon, directeur associé et fondateur de Famiclic, société d'assistance informatique à domicile, n'embauche que des chômeurs. "Le dernier était vendeur au rayon multimédia de Carrefour et le plus ancien, 47 ans, était informaticien, mais il n'avait pas suivi les évolutions techniques rapides du secteur. On l'a sorti de l'ANPE, car il a spontanément de bonnes relations avec les clients." Installé sur treize départements, Famiclic prévoit de doubler le nombre de ses ex-chômeurs d'ici la fin de l'année.
La mise à niveau des familles face à l'essor des nouvelles technologies est l'un de ces métiers nouveaux conforté par le secteur des services à la personne. Mais il en est d'autres. Le groupe de maisons de retraite Korian a profité de l'émergence des services à la personne pour formaliser une offre de conseils professionnels aux familles confrontées à la perte d'autonomie d'un parent âgé. Moyennant un abonnement de 59 euros mensuel, Korian propose aux familles une aide au maintien à domicile. Le conseil personnalisé va de la sélection d'une association d'aide à domicile à des achats de couches pour adultes, l'aide à la location de matériel médical en passant par des groupes de parole, une plate-forme d'appel, un site Internet, un guide papier, etc.
Les services à la personne ne sont pas seulement une chance offerte aux chômeurs déqualifiés. Ils permettent aussi aux salariés de tenter l'aventure patronale. Patrice Deniau est le parfait représentant de cette catégorie. Se déclarant "autodidacte", le patron de Maison et services a une "formation d'apprenti boulanger-pâtissier et un brevet de comptabilité". Mais ce quadragénaire bouillonnant d'énergie a plusieurs talents qui ne s'enseignent pas à l'école : il sait nouer des amitiés utiles, repérer des niches d'activité et mettre en place l'offre adaptée à la demande des ménages comme des entreprises, puis gérer à distance. Il dirige aujourd'hui plus de trente sociétés de services qu'il a toutes lancées lui-même ou avec sa femme.
Xavier Sillon, fondateur de Famiclic, ou Thierry Rein, directeur général de Family Sphère, société spécialisée dans la garde d'enfants et le soutien scolaire, auraient pu persévérer dans leur voie professionnelle initiale. Le premier, diplômé de l'université Dauphine, a occupé divers postes à responsabilité dans de grandes sociétés internationales comme Hertz et Accor. "Les boîtes comme Hertz, on y avait une liberté formidable, mais finalement on pèse assez peu sur le fonctionnement général."
Thierry Rein, ex-directeur des services informatiques d'une des plus vieilles banques d'affaires américaine, Brow Brothers Harriman, a estimé que, "pour continuer dans la finance, il fallait un tempérament de "killer" et accepter de passer sa vie entre Paris, Boston et Tokyo. Ça n'avait pas beaucoup de sens."
Ces jeunes chefs d'entreprise en quête de sens découvrent toutefois que même les métiers les plus simples comme le nettoyage domestique ne peuvent s'industrialiser sans formation du personnel ni mise en place de procédures strictes de relations avec les clients. Quand les femmes de ménage de Maison et services arrivent au domicile d'un particulier, "elles doivent enlever leurs chaussures et travailler en pantoufles. Si l'intervenant est allergique aux poils de chat ou de chien, il sera envoyé dans les maisons où il n'y a pas d'animaux". En revanche, le client est libre de formuler toutes ses exigences : pièce par pièce, la maîtresse de maison - c'est encore elle qui décide même si elle travaille entre Pékin, New York et Paris - doit dire si elle souhaite que l'intervenant décroche le téléphone s'il sonne, si les chemises doivent être pliées ou pendues sur un cintre, si la chambre des enfants doit être faite - certaines familles exigent que les enfants nettoient eux-mêmes leur chambre -, quelle périodicité pour les vitres... Après la première séance de nettoyage, chaque chef d'équipe "revoit le client et lui demande s'il y a des choses qu'on peut encore améliorer. Une cliente contente ne nous quittera jamais", explique M. Deniau.
Les services à la personne reposent entièrement sur le facteur humain. "Si la femme de ménage tombe malade et prévient à la dernière minute, faut pas s'énerver. Si le client part aux Maldives et oublie de vous prévenir, faut pas s'énerver non plus. Et si vous n'aimez pas régler ces problèmes, alors il faut faire autre chose", ajoute-t-il. Pour Family Sphère aussi, l'enjeu, "c'est de trouver le bon salarié. Le client est là, le problème, c'est de mettre en face la personne qui corresponde. Les femmes de 50 ans qui aspirent à revenir sur le marché du travail sont un vivier important. Mais il faut les former. On est en permanence en flux tendu", dit Thierry Rein.
Même son de cloche chez Famiclic. "On ne fait pas du service après-vente. Ça ne nous intéresse pas d'aller dépanner un client une fois et de ne plus le revoir. On veut des salariés qui aient une relation personnalisée avec des abonnés qu'ils vont accompagner dans leur connaissance des nouvelles technologies. On bâtit une relation de confiance qui commence au premier contact téléphonique. On reste au moins vingt minutes au téléphone la première fois." Cette confiance passe aussi par la formation du client. S'il faut réinstaller un ordinateur tombé en panne, il n'est pas rare que le client demande que le spécialiste de Famiclic tente de sauver les chansons ou les films téléchargés illégalement. "On refuse. On respecte la propriété intellectuelle. C'est aussi le message qu'on doit faire passer au client", dit Xavier Sillon.
Fait-on fortune dans les services à la personne ? La plupart des entrepreneurs estiment plutôt que leur niveau de vie a baissé : "La réalité, c'est que je vis moins bien depuis que j'ai quitté Accor", dit Xavier Sillon. "On ne gagne pas beaucoup d'argent. On peut juste promettre à un franchisé de gagner sa vie correctement", confirme Thierry Rein, de Family Sphère. Cela parce que dans ce type de services, les économies d'échelle n'existent pas. Chaque nouveau client oblige à recruter du personnel. Si bien que les marges demeurent faibles, même si le chiffre d'affaires augmente. "Faire du service est coûteux, explique Jacques Manardo, président de la Fédération des services à la personne (FSP). L'outil informatique n'est pas standard et il a fallu investir des centaines de milliers d'euros pour le faire fabriquer. Une entreprise de services à la personne, c'est des clients tous azimuts, des salariés à temps partiel, des plannings compliqués. Acadomia, c'est 50 000 fiches de paie dans l'année, par exemple." La rentabilité passe donc par l'élargissement du réseau. Plus une enseigne crée d'agences sur le territoire national, mieux elle peut amortir ses investissements de départ.
Mais ces règles économiques qui valent aujourd'hui auront peut-être changé demain. Des géants de l'assurance ou de la finance s'intéressent aux services à la personne. Certains comme Axa ont déjà commencé à prendre des participations. Il n'est pas exclu, dans un avenir proche, que votre banquier ou votre assureur fasse aussi le ménage à domicile, garde vos enfants et assure leur soutien scolaire.
Lire cet article...
Intellectuels médiatiques et penseurs de l’ombre
Le paradis sur terre des intellos précaires
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/05/CHOLLET/13437